Biographie de Franz Stock (1904 – 1948)

Franz Stock

Originaire de Neheim, ville industrielle en Westphalie du Nord, Franz Stock, né le 24 septembre 1904, est l’aîné d’une famille de neuf enfants. Ayant formulé dès l’âge de 13 ans le voeu de devenir prêtre, il sera admis au lycée de Neheim et obtiendra son baccalauréat en 1926.

Il étudiera la théologie à Paderborn et sera admis à l’Institut catholique à Paris pour y étudier pendant trois mois la théologie. Dès cette époque, Franz Stock s’engagera dans des mouvements de paix franco-allemands et perfectionnera ses connaissances du français, langue qu’il parlera sans accent.

Le 12 mars 1932, il est ordonné prêtre par l’archevêque de Paderborn. Ses excellentes connaissances de la langue française lui vaudront en 1934 d’être nommé recteur de la Mission catholique allemande de Paris. C’est à ce titre que Franz Stock deviendra aumônier des prisons de Paris de 1941 à 1944, à Fresnes, La Santé et Cherche-Midi, tâche qu’il acceptera d’assumer malgré ses graves problèmes de santé. Ce sera pour lui l’occasion d’apporter un soutien moral et spirituel aux détenus français, de préparer et accompagner les condamnés à mort jusqu’au Mont Valérien, lieu d’exécution de nombreux résistants.

De très nombreux témoignages d’anciens résistants français, dont celui d’Edmond Michelet, établissent que Franz Stock au risque de sa vie, s’est fait le messager entre les familles et les résistants emprisonnés.

C’est comme « aumônier de l’enfer » que Franz Stock entrera dans l’histoire.

En 1944, au moment de la libération de Paris, Franz Stock, épuisé et malade, se trouve à l’hôpital de la Pitié. Il ne rentrera pas en Allemagne, mais préférera rester avec ses camarades en France, en tant que prisonnier de guerre des Américains.

En 1945, les autorités françaises ayant envisagé la fondation d’un séminaire pour les étudiants en théologie allemands prisonniers de guerre, dans le but de contribuer à un renouveau spirituel de l’Allemagne d’après-guerre, on confie à l’Abbé Franz Stock la tâche d’organiser et de diriger ce séminaire derrière les barbelés, installé à l’origine dans le camp Dépôt 51 à Orléans et bientôt transféré au Coudray, près de Chartres.

Le nonce apostolique, cardinal Roncalli, le futur pape Jean XXIII, soulignera que le Séminaire de Chartres fait honneur aussi bien à la France qu’à l’Allemagne et qu’il est apte à devenir un symbole de l’entente et de la réconciliation.

Les théologiens formés dans ce séminaire entre 1945 et juin 1947 renouvelleront le clergé dans l’Allemagne d’après-guerre. 949 enseignants, prêtres, étudiants en théologie et séminaristes y ont été formés.

C’est en tant que prisonnier de guerre, que Franz Stock, nommé en décembre 1947 « docteur honoris causa » par l’université de Fribourg-en-Brisgau, décède le 24 février 1948 à l’hôpital Cochin à Paris à l’âge d’à peine 44 ans.

Il sera enterré le 28 février 1948, en l’absence de sa famille qui n’avait pas obtenu l’autorisation devenir, au cimetière de Thiais. Le nonce apostolique, Mgr Roncalli, qui connaissait bien Franz Stock grâce aux visites qu’il lui avait rendues au Séminaire des Barbelés, donnera l’absoute après un enterrement des plus simples.

Le 3 juillet 1949, les anciens résistants français rendront hommage à Franz Stock au cours d’une cérémonie commémorative publique au Dôme des Invalides.

Au début des années 60, grâce à l’infatigable travail de rassemblement des anciens séminaristes de Chartres autour de la figure de Franz Stock, le curé de la paroisse de Rechèvres, à Chartres, le père René Closset, obtiendra que Franz Stock soit exhumé et transféré à Chartres pour être inhumé dans la nouvelle église Saint-Jean-Baptiste, dont d’importantes pièces du mobilier liturgique avaient été offertes par les anciens étudiants de Franz Stock.

Le 15 juin 1963, le jour même de la ratification du Traité de l’Élysée, scellant l’Amitié franc-allemande, Franz Stock sera inhumé dans l’église Saint-Jean-Baptiste, dans la chapelle de Notre-Dame-de-la-Paix. Plus de 2000 personnes, dont des résistants français, seront présentes au cours de cette émouvante cérémonie. Sur la tombe sera installée la pierre tombale que les anciens résistants français avaient fait installer au cimetière de Thiais en hommage à celui qu’on nomma également Archange en Enfer.

Le télégramme envoyé par le pape Jean XXIII avant sa mort le 3 juin et lu à cette occasion rappellera que Franz Stock, ce n’est pas un nom, c’est un programme.

Ami de la France depuis sa jeunesse et grand humaniste, Franz Stock est considéré aujourd’hui comme un pionnier de l’amitié franco-allemande.